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Jésus est-il vraiment ressuscité des morts ? (3)

par Michael Horner


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           Il est difficile de nier sur des bases historiques que de nombreuses personnes ont vécu des expériences qu’elles décrivent comme des apparitions de Jésus ressuscité. Certains suggèrent que ces événements ne doivent pas être considérés comme des apparitions physiques, corporelles, mais simplement comme des visions ou des hallucinations. Ils soutiennent que Paul qualifie le corps ressuscité de « corps spirituel », et que le physicalisme des apparitions mentionnées dans les Évangiles relève d’une apologétique anti-gnostique9.

 

Un corps spirituel ?

 

            Quand Paul assimile le corps ressuscité à un « corps spirituel », il ne peut vouloir dire un corps qui est esprit. Cela serait parfaitement contradictoire, puisqu’un esprit est précisément l’absence d’un corps. L’idée qu’on puisse voir un corps non physique est incohérente, puisque la vue appréhende son sujet au moyen des ondes lumineuses qu’il réfléchit, et puisqu’un corps non physique ne peut réfléchir les ondes lumineuses. Paul ne parle pas de la substance dont est fait le corps, mais de son orientation. Quand on dit : « La Bible est un livre spirituel » ou : « Brigitte est une personne spirituelle », on ne veut pas dire qu’elles sont esprit, mais qu’elles sont orientées vers le spirituel.

 

            Cela ne veut pas dire que Paul enseigne que le corps ressuscité de Jésus est ordinaire, le même qu’avant. Au contraire, il affirme explicitement qu’il est glorieux, incorruptible, immortel et puissant. Il est transformé ! Mais non pas de physique à non physique, mais plutôt de corruptible à incorruptible, afin d’abriter une création renouvelée.10 Pratiquement tous les spécialistes du Nouveau Testament s’accordent pour dire que Paul n’enseigne pas l’immortalité de l’âme seulement. Toutefois, ce point de vue n’est intelligible que s’il enseignait aussi une résurrection physique et corporelle. Une meilleure traduction du terme grec qui est rendu par « corps spirituel » serait « corps surnaturel », puisque le terme est utilisé par opposition au corps naturel.

 

Des visions ?

 

            Certains prétendent que l’expérience que Paul a faite du Christ ressuscité n’était qu’une vision et que, puisque Paul ajoute son expérience à la liste des apparitions mentionnées dans 1 Corinthiens 15, dans tous les cas il doit s’agir de visions non physiques. Cependant, l’expérience de Paul comporte des phénomènes qui ne sont pas d’ordre mental. Tout ne s’est pas passé dans l’esprit de Paul. Cela contraste avec la vision qu’Étienne a eue et qui est relatée dans Actes 7. L’expérience d’Étienne est purement subjective ; personne d’autre n’a vu ou entendu quoi que ce soit. Mais dans le cas de Paul, ses compagnons ont entendu du bruit et vu une lumière. Nous savons que certains doutaient de la rencontre de Paul avec le Seigneur ressuscité, alors il a ajouté son expérience à la liste des autres apparitions, afin d’élever son expérience au niveau d’objectivité dont les autres bénéficiaient auprès du public, et non pas pour rabaisser ces dernières à un niveau non physique et subjectif.

 

Un argument anti-gnostique ?

 

            Toutes les apparitions de Jésus relatées dans les Évangiles sont physiques. Et, puisque les récits des apparitions dans les Évangiles sont généralement reconnus comme indépendants, ces attestations multiples appuient fortement la crédibilité historique d’une résurrection physique et corporelle. Cela ne serait pas le cas s’il ne s’agissait que de visions. De plus, puisque pour un Juif le terme « résurrection » signifiait la résurrection physique d’un mort hors du tombeau, les premiers croyants ont certainement considéré que la résurrection de Jésus était physique. Cela signifie que le physicalisme des apparitions mentionnées dans les Évangiles n’est vraisemblablement pas une réaction à l’anti-physicalisme des gnostiques. Il est davantage probable que les gnostiques aient dématérialisé les apparitions matérielles décrites dans les Évangiles que les Évangiles aient matérialisé les visions immatérielles des gnostiques.

           

            Le fait est que et Paul et les Évangiles considèrent le corps ressuscité comme à la fois physique et transformé. Le Jésus ressuscité a mangé, préparé un repas et s’est laissé touché, mais il a également manifesté des capacités surnaturelles en apparaissant et disparaissant à volonté sans égard aux distances. Ce n’était pas un corps fait d’esprit, mais un corps qui avait été transformé de mortel à immortel. En outre, le fait de voir Jésus ressuscité suscitait l’adoration. Les femmes et les disciples ont su instinctivement qu’il ne s’agissait pas d’une simple réanimation d’un corps. Après tout, la résurrection de Lazare n’avait pas suscité l’adoration !11

 

Des hallucinations ?

 

            Se pourrait‑il que les apparitions aient été des hallucinations ? C’est très peu probable ! Car les hallucinations sont associées à certains genres de personnes seulement, les schizophrènes et parfois les paranoïaques. Or, les apparitions de Jésus sont attestées par une variété de personnes. Les hallucinations arrivent habituellement à une personne à la fois, mais ceux qui ont été témoins des apparitions du Christ ressuscité étaient au nombre de deux, sept, onze et plus, douze et plus, et plus de 500 ! Les hallucinations se produisent habituellement dans des circonstances bien particulières et favorables, mais les apparitions de Jésus se sont produites dans une variété de lieux et de circonstances. Les hallucinations impliquent une attente de la part de la personne qui hallucine.

 

Or, les femmes se sont rendues au tombeau pour finir d’embaumer le corps mort avec des aromates. Les hallucinations ne peuvent dépasser le contenu de l’esprit. Pourtant, après la crucifixion les disciples étaient terrassés, vaincus et découragés. Même si Jésus avait prédit sa mort et sa résurrection, ils n’avaient jamais compris. C’était trop radicalement différent de ce qu’ils avaient appris des rabbins depuis leur enfance. Ils n’avaient absolument aucun concept d’un Messie qui meurt, et encore moins qui ressuscite. Les hallucinations ne mangent pas de poisson et ne se laissent pas toucher. Or, Jésus a fait les deux !

 

            De plus, les hallucinations n’auraient jamais amené les gens à croire en un Jésus qui est ressuscité physiquement et corporellement, et d’ailleurs, les hallucinations ne peuvent expliquer que le tombeau était vide.

 

Une mort apparente seulement ?

 

                        Est-il possible que Jésus ne soit jamais réellement mort ? Cette hypothèse a été universellement rejetée par les spécialistes du Nouveau Testament depuis plus de 100 ans parce qu’elle est physiquement impossible et religieusement inadéquate.

 

Deux générations entières (50‑80 ans) ne suffisent pas pour qu’une légende efface le corps des faits historiques.

 

            Cette hypothèse d’une mort apparente nous demande de croire qu’après avoir été torturé, frappé et flagellé (avec un fouet romain muni de morceaux pointus de pierre et de métal enserrés dans le cuir) au point que son dos était si atrocement lacéré qu’on entrevoyait ses organes internes, après avoir porté sur ce dos une poutre en bois jusqu’au sommet d’une colline, après avoir été cloué à une croix en bois par les poignets et les chevilles, après avoir été suspendu à cette croix pendant six heures – où il ne pouvait respirer qu’en se soulevant et en se rabaissant pour diminuer la pression asphyxiante qui s’exerçait sur le diaphragme –, après que des bourreaux romains professionnels l’ont déclaré mort et ont transpercé son côté pour s’en assurer, et après avoir été enveloppé dans près de 45 kilogrammes de lin et d’aromates et déposé dans un tombeau sombre et froid, Jésus ne soit jamais réellement mort, qu’il se soit réveillé le dimanche matin en pleine forme, qu’il ait déplacé une pierre de près de deux tonnes en remontant la pente, qu’il se soit glissé silencieusement hors du tombeau sans que les gardes ne le remarquent, qu’il ait trouvé où se cachaient les disciples et qu’il leur soit apparu comme Seigneur de la vie et vainqueur de la mort !

 

            Cela est non seulement de toute évidence physiquement impossible, mais aussi religieusement inadéquat, car même si Jésus avait réussi à survivre d’une manière quelconque, il leur serait apparu non comme Seigneur de la vie et vainqueur de la mort, mais comme quelqu’un ayant désespérément besoin de soins médicaux ! Et cela n’aurait jamais suscité l’adoration de Jésus comme quelqu’un qui était ressuscité triomphalement.

 

            Les hypothèses comme celles d’une mort apparente et des hallucinations ne fournissent pas une explication complète des faits ; elles ne tentent d’en expliquer qu’une petite partie et nécessitent d’autres spéculations pour expliquer le reste. Cela contraste avec l’hypothèse de la résurrection, qui explique tous les faits sans les déformer et demeure donc la meilleure explication.

 

Voir aussi :

 

Un autre article au sujet de la résurrection 

 

Quel est l'importance des  « prophéties » concernant Jésus ?

 

Mais comment peut-on se fier aux textes bibliques?

 

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9 Le docétisme était une hérésie gnostique particulière stipulant que la matière était mauvaise et que, par conséquent, Dieu ne pouvait pas réellement s’être incarné en Jésus.

10 1 Corinthiens 15.35-55.

11 Murray J. Harris, Raised Immortal : Resurrection and Immortality in the New Testament, Eerdmans, 1985, p. 20.


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Profil etudiant

Rencontrez Poly Goy

étudiant en sciences. Ses parents se sont sauvés du Cambodge persécutés par les Khmers rouges.

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