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Jésus est-il vraiment ressuscité des morts ? (2)

par Michael Horner


 

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L’hypothèse de la conspiration

 

            Qu’en est-il de l’hypothèse selon laquelle les disciples auraient volé le corps ? Bien que celle‑ci puisse sembler plausible au premier abord, elle est rejetée universellement par les biblistes depuis près de 200 ans. Toutefois, comme on la formule encore souvent à un niveau populaire pour expliquer que le tombeau était vide, une brève réponse s’impose.

 

« L’historien ne peut légitimement nier que le tombeau était vide […] les preuves nous obligent à conclure que le tombeau était effectivement vide. » -Michael Grant

 

            L’hypothèse de la conspiration est moralement, psychologiquement et physiquement impossible. Il est difficile, en effet, de nier que les disciples étaient tous au moins des hommes sincèrement dévoués qui essayaient de poursuivre la justice que Jésus leur enseignait. Or, l’hypothèse de la conspiration nous oblige à les voir comme de vulgaires imposteurs et d’habiles trompeurs, ce qui est plutôt opposé à l’éthique de leurs propres écrits. Et qu’auraient‑ils gagné par leur tromperie : le pouvoir, la richesse, le prestige ? Non. Le rejet, le mépris, la torture et finalement la mort comme martyrs !

 

            N’oubliez pas que les disciples étaient vaincus, découragés et effrayés après la mort de Jésus, donc bien loin de penser à planifier un vol audacieux. De plus, il est psychologiquement impossible qu’un des disciples ait convaincu tous les autres de suivre un tel plan sans que quelqu’un ne rompe les rangs ou ne vende la mèche au cours des 50 années qui ont suivi. Après tout, on ne meurt pas pour un mensonge quand on sait que c’est un mensonge !

 

            Puis il y a le problème des gardes du tombeau, qui fait qu’il était physiquement impossible de voler le corps. On ne saurait trop insister sur le fait qu’aucun bibliste moderne n’admettrait un seul instant l’hypothèse de la conspiration.

 

            Ce n’est pas le tombeau vide en soi qui a suscité la croyance en un Jésus ressuscité. Pour la plupart des disciples, c’est le fait que Jésus leur soit apparu physiquement qui les a amenés à conclure qu’il était ressuscité.

 

Les apparitions

 

            Les preuves émanant de cinq sources historiques indépendantes indiquent qu’à 11 occasions séparées diverses personnes et groupes en divers lieux et dans diverses circonstances ont vu Jésus vivant après sa mort.6 Les quatre Évangiles mentionnent les apparitions aux personnes suivantes :

 

·        Marie de Magdala

·        Les femmes revenant du tombeau

·        Pierre

·        Les deux disciples sur la route d’Emmaüs

·        Les disciples en l’absence de Thomas

·        Les disciples en présence de Thomas

·        Les sept disciples au lac de Tibériade

·        Les disciples lors de l’Ascension.

 

            En plus de relater à son tour les apparitions à Pierre, aux Douze et à tous les apôtres (probablement un groupe plus grand de disciples), Paul mentionne aussi les apparitions à Jacques, à Paul (lui‑même) et à plus de 500 personnes à la fois.

 

Des légendes ?

 

            Les récits que Paul fait des apparitions ne sont vraisemblablement pas légendaires, parce qu’il mentionne cette apparition à plus de 500 personnes. En effet, Paul utilise la méthode acceptée à son époque pour attester un événement historique : nommer des témoins. Il affirme spécifiquement que la plupart de ces personnes sont encore vivantes, invitant ainsi ses auditeurs à interroger ses témoins. Or, il n’aurait vraisemblablement pas fait cela à moins qu’il s’agisse de personnes réelles qui appuieraient ses dires.

 

            Les récits des apparitions qu’on trouve dans les Évangiles sont trop récents pour être légendaires. L’hypothèse des légendes repose fortement sur la prémisse que les Évangiles auraient été écrits après l’an 70. Toutefois, le critique libéral John A. T. Robinson attribue cette datation tardive en grande partie à la paresse des savants, au non-examen des présuppositions et à un aveuglement presque volontaire de la part des critiques. En fait, de plus en plus de spécialistes sont d’avis que le livre des Actes et les Évangiles selon Luc et Marc, tout au moins, ont été écrits avant l’an 64. Cela tient, entre autres, au fait que le livre des Actes ne fait aucune mention d’événements historiques connus qui se sont produits entre l’an 60 et l’an 70, comme la destruction de Jérusalem, la persécution des chrétiens par Néron, la mort de Jacques et la mort de Paul.

 

La meilleure explication du fait que Luc n’ait pas mentionné ces événements significatifs dans le livre des Actes, c’est qu’ils ne s’étaient pas encore produits quand il en a terminé la rédaction. Par conséquent, le livre des Actes a probablement été écrit entre l’an 62 et l’an 64, et l’Évangile selon Luc, formant la première partie des écrits de Luc, a été écrit encore plus tôt, peut‑être entre l’an 57 et l’an 62. La plupart des spécialistes croient que l’Évangile selon Marc était une des sources de Luc, si bien qu’il aurait été écrit encore plus tôt, soit quelque part entre l’an 45 et l’an 56.

 

            Les récits des apparitions auraient donc été écrits entre 15 et 32 ans après les événements, soit environ une génération plus tard. En outre, ces récits sont basés sur des sources orales et écrites bien plus proches des événements. Ces sources contiennent des dictons, des déclarations et des hymnes hautement sémitiques qui se traduisent bien du grec (dans lesquels ils sont écrits) à l’araméen (la langue que Jésus et les disciples parlaient), ce qui indique une origine récente à Jérusalem, qui daterait des premières années et même des premières semaines qui ont suivi la mort de Christ ! Il n’y a donc tout simplement pas eu assez de temps pour que l’ensemble des faits de base soit remplacé par un mythe.

 

            Le professeur A. N. Sherwin‑White, éminent historien de l’époque romaine, a étudié le rythme auquel se formaient les mythes dans le Proche‑Orient de l’Antiquité. Il gronde les critiques du Nouveau Testament parce qu’ils ne reconnaissent pas la qualité des documents du Nouveau Testament en comparaison des sources avec lesquelles il doit travailler en histoire romaine et grecque. Habituellement, ces dernières datent de plusieurs générations et même plusieurs siècles après les événements qu’elles décrivent. Or, malgré leur date de rédaction et l’approche typiquement partiale de leurs auteurs, les historiens réussissent à reconstituer ce qui s’est vraiment produit.

 

            Par opposition marquée, le professeur Sherwin‑White nous dit que pour que les Évangiles soient légendaires, il faudrait que davantage de générations se soient écoulées entre les événements et leur compilation. Il a découvert que même l’intervalle de deux générations entières (50‑80 ans) n’est pas suffisant pour qu’une légende efface le corps des faits historiques.7 Même la datation tardive des Évangiles satisfait à ce critère, alors à plus forte raison la datation antérieure. De plus, il n’existe pas d’exemple dans l’histoire où les récits légendaires ont supplanté les faits historiques dans le même lieu géographique en moins de deux générations.

 

Les légendes sur Jésus que cherchent les critiques n’existent pas, mais elles sont apparues au IIe siècle – conformément à l’intervalle de deux générations découvert par le professeur Sherwin‑White – quand tous les témoins oculaires étaient morts. Par conséquent, la véracité des récits des Évangiles est hautement probable puisqu’il n’y a tout simplement pas eu assez de temps pour que les tendances mythiques apparaissent et l’emportent sur les faits historiques.

 

            Le fait que ce soient des femmes, et non des hommes, qu’on ait mentionnées comme premiers témoins du tombeau vide et des apparitions confère également une très grande crédibilité à ces événements. En effet, le statut des femmes était si inférieur dans la société juive du premier siècle que leur témoignage en cour n’avait aucune valeur. Il aurait donc été vain, voire même nuisible, de relater ces événements de la sorte s’ils ne s’étaient pas effectivement produits ainsi.

 

Le fait qu’on ait mentionné des femmes comme premiers témoins du tombeau vide et des apparitions confère une très grande crédibilité à ces événements.

 

            De plus, les Évangiles ne sont pas écrits dans un style légendaire, c’est‑à‑dire avec les enjolivures qui font clairement partie des écrits plus tardifs. C. S. Lewis, un des grands experts littéraires sur les mythes de l’Antiquité, a fait le commentaire suivant sur les Évangiles : « J’ai lu des poèmes, des romans d’amour, des écrits visionnaires, des légendes, des mythes toute ma vie, et je sais qu’aucun des Évangiles n’est comme cela. »8

 

Voir aussi :

 

Un autre article au sujet de la résurrection 

 

Quel est l'importance des  « prophéties » concernant Jésus ?

 

Mais comment peut-on se fier aux textes bibliques?

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6 Les cinq sources sont les Évangiles selon Matthieu, Marc, Jean et Luc, les Actes et la Première lettre de Paul aux Corinthiens. Il est généralement admis que même si les Évangiles sont en grande partie interdépendants, les récits des apparitions constituent des traditions indépendantes.

7 A. N. Sherwin-White, Roman Society and Roman Law in the New Testament, Oxford University Press, 1963, p. 189-191.

8 C. S. Lewis, Christian Reflections, Walter Hooper ed., Eerdmans, 1967, p. 155.


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Profil etudiant

Rencontrez Poly Goy

étudiant en sciences. Ses parents se sont sauvés du Cambodge persécutés par les Khmers rouges.

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