(Il s’agit d’un court extrait tiré de « La Passion de Mel Gibson » dans le nouveau numéro du magasine « RELEVANT)
Mel Gibson fait une apparition furtive dans son nouveau film, La Passion du Christ. Vers la fin de ce dernier, le poing de Gibson apparaît dans la caméra tenant une pointe en fer de huit pouces. Sa main n’apparaît à l’écran qu’un court instant, tenant le clou qui est en train de se faire marteler à travers la paume de Jésus.
Cette apparition furtive offre une réplique nuancée à la controverse selon laquelle les dirigeants juifs seraient présentés dans ce film comme étant les responsables de la mort de Jésus. L’apparition symbolique de Gibson a pour but de répandre la culpabilité de façon plus large. C’est un geste humble qui reconnaît que tous les pêcheurs sont responsables de la mort de Jésus Christ.
Voyez-vous, pendant plus de 10 ans, Gibson s’est préparé à faire le film le plus contesté de sa carrière. Lorsqu’il jouait dans des films comme entre autres Ce Que Veulent Les Femmes, Le Patriote, Nous Étions Soldats, Signes, le producteur de Braveheart, film récompensé aux Academy Awards, avait constamment une idée en tête, prête à se concrétiser au bon moment.
Maintenant, le travail d’amour de Mel Gibson est complet, et La Passion sortira dans plusieurs cinémas du pays, le 25 février 2004.
L’histoire racontée est celle des 12 dernières heures de la vie de Jésus Christ, avec quelques flash-back pour fournir un contexte à la souffrance de Jésus. dans le douloureux contexte. Ce film controversé a déjà soulevé dans la presse des critiques positives et négatives, comme celles l’accusant d’être antisémite. De plus, journalistes, reporters et débats publics traitent des pours et des contres d’un nouveau film sur Jésus.
Le film a été tourné dans les poussiéreux studios Cinetta à Rome, en Italie, lieu où Gibson a construit une immense réplique de l’ancienne Jérusalem, réalisée grâce à l’architecture romaine présente, des centaines rajouts et des reconstitutions telles que le Praetorium, un Temple et même le Palais de Pilate. L’énormité de l’ensemble est stupéfiante : les constructions et les maisons s’étendent à perte de vue sur des routes pavées serpentant de toute part.
Les Productions Icon de Gibson ont réalisées l’œuvre avec 25 millions de dollars, provenant principalement de Gibson lui-même. Le film est une audacieuse et incroyablement courageuse tentative de réaliser un portrait du Christ dans ses dernières heures, de la façon la plus authentique possible.
Mais qu’est ce qui rend la version de Gibson de la vie du Christ plus fraîche et authentique que les films précédents qui ont traité le même sujet. « Les autres versions souffrent souvent de mauvaises coupes de cheveux ou de jeux de scènes qui sonnent faux » confiait Gibson à RELEVANT. « Je veux que l’histoire soit réelle. Je ne veux pas d’un portrait qui ne soit qu’une pâle copie. »
LES PARTICULARITÉS
Pour plus d’une raison, La Passion est un film qui diffère des autres. Le film a été financé par son directeur (qui s’avère être un des acteurs les plus aimés du monde), les dialogues se font dans des langues anciennes, le type de distribution n’est pas conventionnel, Satan est joué par une femme, l’histoire est en tout point réaliste, et - c’est peut-être la chose la plus inhabituelle – Gibson a amené chaque matin un prêtre sur le plateau, pour offrir la Messe en Latin, la communion et la confession à l’équipe de tournage ainsi qu’à tous ceux qui voulaient y participer
UN CHRIST CONTROVERSÉ
Malgré l’attention de Gibson et de son équipe pour être « politiquement corrects », le film a tout de même rencontré de nombreuses critiques. En mars 2003, plusieurs groupes religieux se sont confrontés à Gibson par rapport à une nouvelle version du scripte.
La Ligue Contre la Discrimination, de loin le plus bruyant des opposants de M. Gibson, a lancé une campagne pour changer différents aspects du scripte et , par conséquent, du film. La ligue déclare que le film donnait une image erronée et antisémite des Juifs. D’autres annoncent simplement que ce film allait amorcer un réveil des idées antisémites.
Paradoxalement, beaucoup des critiques viennent de gens qui n’ont pas encore vu le film. Les plus lourdes critiques contre Gibson viennent d’Abraham Foxman, directeur national de la Ligue. « Nous avons été troublé… parce que les Juifs, la communauté juive, sont représentés selon une manière que nous avons expérimenté dans l’histoire. » a dit Foxman sur CNN. « Les films sur la passion incitent non seulement une passion en terme d’amour selon les notions chrétiennes, mais en même temps, ils distillent et incitent à une haine envers les Juifs, rendus coupables de déicide. »
Foxman dira plus tard au Washington Post « J’aimerai voir le film et s’il s’avère que j’avais tors, alors je serai le premier à le confesser »
Selon Lauer il est compréhensible d’avoir peur des critiques, mais ces dernières ne sont pas méritées. « Quand vous subissez une attaque continuelle, vous devez vous demander si les gens ont raison ou s’il y a des fondements. Je pense que certains groupes existent uniquement pour combattre un ennemi, et s’ils n’ont pas d’ennemis, ils n’ont pas de raisons d’exister. »
Dernièrement, des organismes, tels la Ligue Contre La Discrimination Des Juifs et la Conférence des Évêques Catholiques des États-Unis, sont même revenus sur leurs propres critiques, s’excusant pour leurs anciennes positions.
LA PASSION DU CHRIST
Si l’on prête à la question l’examen minutieux qu’elle mérite, on voit clairement et immédiatement que l’histoire est tout sauf agressive. En fait, tout les principaux personnages, dont Jésus, Sa mère et les apôtres, étaient des Juifs, et comme le disait Gibson lui-même, tout le monde, et non pas une personne en particulier, est coupable de la mort de Jésus.
McEveety a développé une théorie expliquant pourquoi les films sur la vie de Jésus suscitaient invariablement des controverses. Lors d’un récent discours qu’il a donné pour une conférence au centre de Hollywood, Mc Eveety a fait mention que durant ces dernières années, les studios n’avaient pas voulu toucher à l’histoire de Jésus. « Je pense que Jésus rend les gens nerveux, et lorsque les gens deviennent nerveux, ils sont effrayés » a-t-il dit.
« Nous n’avons jamais voulu passer par les studios. Nous avons juste décidé il y a quelques mois de le distribuer nous-mêmes, » continua-t-il. « Nous avons dit à nos investisseurs : « Préparez-vous à perdre votre argent – nous le lançons en Araméen – » C’est un coup de poker, mais ça pourrait décoller. Ça pourrait être énorme. »
En octobre, Icon a conclu un contrat avec New Market Films, un distributeur indépendant.. Les deux entreprises vont distribuer conjointement le film dans le pays.
Selon Lauer qui refuse de donner d’autres commentaires, Icon semble travailler « en dessous du radar ». «Hollywood croyait que nous ne pouvions obtenir de contrats de distribution et que nous ne serions pas en mesure de présenter le film dans les salle, » précise Lauer. « Cependant nous étions en train de travailler avec les trois plus grosses chaînes de cinéma du pays. »
Quoi qu’il arrive, le 25 février, lorsque le film apparaîtra dans les salles à travers tout le pays, on verra un passionnant, magnifique et déchirant hommage à Jésus. Une chose est absolument certaine : Quiconque verra ce film sortira du cinéma transformé par cette histoire.
RELEVANT a demandé à Gibson ce qu’il voulait que le public garde en mémoire de son film. « Je veux que les gens aient une expérience, sentent et comprennent la réalité de l’histoire. »
Permettez-moi de vous l’assurer, Gibson a atteint son objectif.
Alex Field est un écrivain californien indépendant. Traduit avec permission par Aurélien Hathout. Cet article est un extrait d'une publication de RELEVANT magazine Droits de l'auteur © 2004