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L'origine du Prieuré de Sion
L'auteur, Dan Brown, affirme dans l'introduction de son roman que l'énoncé suivant est un fait : « Le Prieuré de Sion, une société secrète européenne fondée en 1099, est un vrai organisme. En 1975, on a découvert à la Bibliothèque nationale à Paris des parchemins intitulés Les Dossiers secrets, qui nommaient plusieurs membres du Prieuré de Sion, dont Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo et Léonardo Da Vinci. »
Des recherches supplémentaires sur l'origine du Prieuré de Sion révèlent que :
Le Prieuré de Sion a été créé en 1956 par un excentrique, Pierre Plantard.
Plantard et son associé, Philippe de Chérisey, ont fabriqué une série de documents, dont Les Dossiers secrets, et les ont placés dans diverses bibliothèques françaises.
Ces faux documents présentaient une histoire fabriquée du Prieuré, dont une fausse date de fondation (1099) et une fausse liste de membres, y compris Isaac Newton.
Chérisey a avoué publiquement en 1971 que les documents étaient forgés.
Plus tard, Plantard a lui aussi avoué qu'ils étaient forgés.
En 1989, Plantard a fabriqué une nouvelle histoire du Prieuré de Sion, cette fois-ci fondée en 1681; il a aussi rédigé une nouvelle liste de grands maîtres.
Plantard a paru devant un tribunal en 1993; il a alors avoué son canular.
L'origine de la Bible :
Dan Brown prétend que toutes les descriptions de documents dans son roman sont exactes.
Le Da Vinci Code (The Da Vinci Code) prétend que :
a) Plus de 80 évangiles ont été considérés pour le canon du Nouveau Testament
b) La Bible a été compilée par l'empereur romain païen Constantin. Celui-ci a omis les évangiles dans lesquels on décrivait les traits humains du Christ, et a enjolivé les évangiles dans lesquels Jésus paraissait divin.
Des recherches supplémentaires sur l'origine de la Bible révèlent que :
De tous les écrits qui ont été appelés évangiles dans les premiers 500 ans de l'histoire du christianisme, la plupart sont de petites compilations d'adages ésotériques attribués à Jésus. Ces écrits ont été rédigés plus de 200 ans après la vie de Jésus, et ils ne contiennent aucun récit de sa vie. Si l'on rassemblait tous les autres « évangiles » qui restent, on en compterait environ 25 documents. À peu près la moitié d'entre eux sont connus seulement par des citations de pères de l'Église ou de petits fragments de manuscrits. Ces documents contiennent très peu d'informations non orthodoxes.1
Contantin n'a pas fait la compilation du Nouveau Testament. Le processus de canonisation du Nouveau Testament a commencé au premier siècle (ex. les écrits de Paul étaient déjà reconnus comme faisant partie des Écritures... voir 2 Pierre 3.15-16).
On pouvait reproduire presque tout le Nouveau Testament en entier à partir de citations dans les ouvrages des pères de l'Église (32 000 citations antérieures au Concile de Nicée, 325 ap. J-C).
L'origine de la doctrine de la divinité de Christ :
Selon Dan Brown dans Le Code Da Vinci :
a) « Le titre de Jésus comme « Fils de Dieu » a été proposé officiellement et voté par le Concile de Nicée.
b) « Parce que l'empereur Constantin a changé le statut de Jésus presque 400 ans après la mort de celui-ci, il existait déjà des milliers de documents qui décrivaient Jésus comme étant un homme mortel. »
Des recherches supplémentaires sur l'origine de la divinité de Christ révèlent que :
La divinité de Christ a non seulement été prophétisée des centaines d'années avant sa venue (ex. Ésaïe 9.6), mais elle a été confirmée dans les quatre évangiles bibliques, qui sont les plus anciens évangiles. La doctrine de la divinité de Christ a été acceptée dans toute la chrétienté jusqu'au Concile de Nicée, inclusivement.
La divinité de Christ était déjà acceptée par les évêques au Concile de Nicée et n'était pas remise en question. On discutait plutôt de la relation entre la divinité de Christ et sa mortalité (était-il pleinement Dieu et pleinement homme, ou juste pleinement Dieu?).
Contrairement à ce que nous dit Le Code Da Vinci, il n'existe aucun document qui contient des récits de la vie de Christ comme un simple homme mortel.
Les manuscrits de la mer Morte et les codices de Nag Hammadi :
Selon Le Da Vinci Code, les manuscrits de la mer Morte et les codices de Nag Hammadi décrivent le ministère de Christ dans des termes très humains. Ils exposent, semble-t-il, des fabrications et des divergences historiques flagrantes dans la Bible « moderne ».
Des recherches supplémentaires sur l'origine de la divinité de Christ révèlent que :
Les manuscrits de la mer Morte sont des documents juifs qui ne mentionnent ni Christ ni le christianisme.
Les codices de Nag Hammadi ont été écrits plus de 150 ans après les quatre évangiles et l'époque de Christ. Ils ne soutiennent aucunement l'idée que Christ n'est pas Dieu ou qu'il y a des divergences historiques dans le Nouveau Testament.
L'Évangile de Philippe et l'Évangile de Marie Madeleine :
Le Da Vinci Code propose l'Évangile de Philippe et l'Évangile de Marie Madeleine comme preuves que Jésus a marié Marie. Le Da Vinci Code « cite » notamment l'évangile de Philippe :
« Et la compagne du sauveur est Marie Madeleine. Christ l'aimait plus que tous les autres disciples et l'embrassait souvent sur sa bouche. Les autres disciples en étaient offusqués et ont exprimé leur désapprobation. Ils lui ont dit : “Pourquoi l'aimes-tu plus que nous?” »
Des recherches supplémentaires sur les évangiles de Philippe et de Marie Madeleine révèlent que :
L'évangile de Philippe est une collection gnostique qui date de la fin du troisième siècle, plus de 200 ans après l'époque de Christ. Il a donc peu de valeur historique.
Les citations de l'évangile de Marie datent d'un document rédigé au début du troisième siècle qui n'a aucune valeur historique. Même si ces « évangiles » disaient ce que Dan Brown prétend qu'ils disent, ils ont peu ou pas de crédibilité historique parce qu'ils ont été écrits plus de 200 ans après l'époque de Christ.
Ni l'un ni l'autre ne contient des preuves que Jésus a marié Marie Madeleine.
Le vrai texte de l'évangile de Philippe est fragmenté et endommagé, seulement quelques mots sont lisibles : « Et la compagne du [...] Marie Madeleine [...] plus que [...] les disciples [...] l'embrassait [...] sur sa [...] »
Dans Le Code Da Vinci, Teabing affirme que tout érudit de l'araméen nous dirait que compagne signifie « épouse ». En réalité, le document a été écrit en copte, pas en araméen, et le mot pour compagne est un emprunt du grec qui signifie probablement « sœur spirituelle ». Pour « épouse », on aurait employé le mot gyne.
Une autre section de l'évangile de Philippe qui n'est pas cité par Brown explique la pratique des premiers chrétiens de se saluer par un saint baiser. Cette pratique est mentionnée plusieurs fois dans le Nouveau Testament dans Romains16 :16 par exemple. L’évangile de Philippe, écrit beaucoup plus tard que le Nouveau Testament dit, « Car c'est en donnant un baiser que les personnes parfaites conçoivent et enfantent. Pour cette raison, nous aussi, nous nous embrassons. Nous recevons la conception de la grâce qui est à l'intérieur de chacun de nous. »
Les dossiers de Marie Madeleine et de Sara :
Le Da Vinci Code soutient que « les vies de Marie-Madeleine et de Sara ont été minutieusement relatées par leurs gardiens juifs. »
Des recherches supplémentaires sur les dossiers de Marie Madeleine et de Sara révèlent que :
Ces documents n'existent pas, et il n'y a aucune preuve qu'ils ont déjà existé.
1.Craig Blomberg, (érudit du Nouveau Testament), Denver Journal, Vol. 7, 2004.
Lectures suggérées :
WITHERINGTON, Ben, The Gospel Code, InterVarsity Press, Downers Grove, Illinois, 2002 . Ben Witherington est un professeur du Nouveau Testament au Asbury Theological Seminary, et l'auteur de nombreux livres qui traitent du Nouveau Testament.
Kirk Durston est un membre fondateur de la New Scolars Society (société des nouveaux érudits). Kirk donne de nombreuses conférences dans diverses universités pour les universitaires et les étudiants sur l'érudition et sur des sujets d'ordre théologique. Utilisé avec la permission de l'auteur.
Autres liens :