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On dirait que tout le monde lit, a lu ou va lire Le Code Da Vincide Dan Brown.
Et si un magazine national publiait un article qui soulignerait l’impact du passé de Dan Brown sur la rédaction de ses ouvrages…
L’article traiterait peut-être des faits suivants… Dan Brown grandit à Boston. Comme son père, il était bon en math et démontrait aussi un intérêt pour la religion. Il fût enfant de coeur à l’église catholique que ses parents fréquentaient. Dans cette fonction, le jeune Brown fut témoin de détournements de fonds commis par un prêtre, et forcé au silence sur cette affaire pendant 3 ans et demi. Plus tard, il s’est impliqué dans l’armée et dans des campagnes électorales. Puis, Dan Brown fut mis à l’écart d’un poste en politique à cause d’accords passés en cachette et on lui a refusa une promotion militaire pour des raisons inconnues. De telles expériences le menèrent, durant ses dernières années collégiales, à une perte de confiance vis-à-vis de l’establishment et une suspicion généralisée envers les institutions religieuses et politiques. À la fin de ses études il a gagné le prix « Screven’s Scholastic Literary Award ». Brown fut encouragé à développer ses talents naturels d’auteur. Il commença alors à écrire des petites histoires basées sur des complots et impliquant des machinations politiques et religieuses ainsi que des thèses de complots. Ces divers complots, mêlés à quelques thèmes récurrents, ont conduit aux livres à succès que nous connaissons.
Bien entendu, tout ce que vous venez de lire est entièrement basé sur cinq minutes de recherche Internet et une heure de spéculations axées sur des thèses de complots. Le procédé pour créer cette biographie comporte bien des similarités avec la rédaction d’un roman fictif. On doit dire que sur cette biographie de Brown, à part son nom et le fait que son père était bon en math, tout le reste du scénario est entièrement fictif et improbable.
Maintenant, en lisant le scénario ci-dessus sur Brown, vous avez peut-être ressenti un peu d’excitation. Il est exaltant de découvrir quelque chose de caché, rare, hors d’atteinte, au sens obscur, ou d’entendre un nouveau témoignage de supposées preuves mises nouvellement à jour. Le complot s’épaissit. On nous laisse croire que nous allons supposément avoir la clé cachée pour connaître qui est le « vrai » Dan Brown.
Mais pourquoi ce style littéraire est-il aussi émoustillant? Qu’est ce qui fait que ce type de livre est si difficile à lâcher ? Pourquoi une bonne fiction policière peut-elle causer des négligences alimentaires, hygiéniques et même un délaissement momentané de nos responsabilités quotidiennes ?
Une explication réside dans la nature même des thèses de complots. Nous trouvons finalement quelqu’un (l’auteur ou, comme dans ce cas, le protagoniste principal) qui pose des questions semblables à celles que nous nous sommes posées. Dans le monde fictif, il est possible de trouver des réponses ou aux moins des éléments pour élucider des questions complexes. Un bon auteur écrit des choses que nous avons tous à un moment ou un autre questionnées ou supposées - Est-ce vrai ? Et si c’était arrivé?… À partir de quelques vérités, en exploitant le terrain fertile du doute, l’auteur peut contruire en toute liberté un complot complexe. Il y a juste assez de vérité dans l’histoire pour donner l’eau à la bouche. Le reste n’est que du sucre et des épices. Et il y a beaucoup de sucre sur chaque page, assez pour rendre le livre difficile à déposer. Nous continuons à tourner les pages. Nous avons une bonne fiction, peut-être même un bestseller.
Mais comment savoir si l’auteur nous donne de la vraie nourriture ou de l’eau sucrée? Dans tout ce qu’il écrit, où sont les faits et où est la fiction?
Comme nous le savons tous, un bon roman policier se tisse sur suffisamment des éléments de vérité pour être crédible – ainsi, il peut faire comme si tout le reste l’était aussi. Si c’est trop poussé, nous parlerons de science-fiction. D’un autre côté, ça ne peut pas être « toute la vérité et rien que la vérité ». Parce que là, ce serait un documentaire. Partant d’un complot crédible que le lecteur pourra accepter comme plausible, l’auteur s’envole vers un univers créatif enrobé de conspirations et concocte ainsi un alléchant mélange de faits réels et de fictions.
Mais quand je repose finalement le livre, est-ce que je crois vraiment que Sherlock Holmes a vraiment existé ou que les évènements de L’affaire Pélican ont effectivement eu lieu?
Alors, ne devrions-nous pas être aussi investigateur que l’enquêteur de la fiction policière que nous lisons? J’ai déjà entendu dire que l’imitation est le plus grand des compliments.
En d’autres termes, on nous raconte une histoire. Nous sommes intrigués et voulons en savoir plus. Nous cherchons à voir si ce que l’auteur nous dit est vrai. Ça devient une sorte de jeu d’essayer de déterminer quelles parties de l’histoire viennent du monde réel et quelle est la part tirée de l’imagination de l’auteur. Nous faisons nos propres recherches. Nous grattons un peu et essayons de « déchiffrer » le code discernant la fiction de la réalité.
Parfois, nous n’avons pas besoin de chercher trop loin pour réaliser qu’une histoire n’est pas réelle. Je n’ai pas besoin de visiter les Mines de Moria dans le Seigneur des Anneaux pour savoir si elles existent. Nous savons qu’elles n’existent pas - du moins je l’espère. D’autres histoires auraient besoin peut-être d’un peu plus d’effort pour qu’on se rende compte qu’elles sont fictives ou non.
Revenons si vous le voulez bien sur Dan Brown. Son Code Da Vinci est un thriller captivant. Il est devenu un gros vendeur. Avec une histoire aussi bien ficelée, il peut être difficile de discerner où est la partie fictive de la fiction. Toutes les pierres ont-elles été retournées? Est-ce que Dan Brown a relaté tout les faits, ou seulement ceux qu’il avait besoin d’assembler pour son bestseller? Par exemple, pouvons-nous savoir si la Bible est fiable, si les peintures du Louvre sont décrites correctement, ou si les parchemins identifiant le Prieuré de Sion existent vraiment ? Comment faisons-nous correctement des recherches pour répondre à ces questions? Comment « déchiffrer » le code – le code de Dan Brown ?
Cela vaut la peine de lire Le Code Da Vinci. Il a fait l’objet de plusieurs éloges. Faire ses propres recherches à propos des recherches de l’auteur serait une autre bonne recommandation.
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