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Un gars bien ordinaire

par Pierre-Louis Lefebvre


Je suis un gars bien ordinaire. Je ne fais pas de vagues simplement pour me faire remarquer. Pendant des années, mon plan était simple : bien réussir ce que j’entreprenais - les études principalement - pour obtenir un bon emploi, une bonne vie où je pourrai continuer à faire mon chemin, solitaire, indépendant, un peu en dehors de la norme.

 

Demeurer neutre en apparence, ça voulait aussi dire éviter toutes les questions épineuses; celles qui demandent de se positionner clairement, de s’exposer à la critique et qui demandent par conséquent de l’énergie émotionnelle pour encaisser et de l’énergie intellectuelle pour se justifier.

 

À cette époque, je réussissais bien à l’école, j’avais quelques très bons amis et j’étais dans l’abondance du côté matériel. J’aurais très bien pu continuer sur cette voie pour le reste de mes jours. En fait, ça aurait été la voie la plus logique et en accord avec ma philosophie de vie d’alors.

 

Quelque chose, ou plutôt quelqu’un, m’a toutefois fait dévier de cette voie que je m’étais tracée. Un de mes amis s’est converti à une forme de christianisme qui me semblait radicale. Il s’est tout à coup mis à parler de la Bible, de Jésus et de Dieu. Simultanément, un autre ami que je connaissais depuis le berceau et qui avait grandi dans une famille de Mormons, se mettait à croire et à s’impliquer dans son église, lui qui était si rebelle à cette institution quelques mois auparavant.

 

J’étais la dernière personne dotée de bon sens dans ce petit cercle d’amis. Je devais donc les remettre sur la bonne voie en les débarrassant de l’influence de ces églises qui voulaient les manipuler et leur extorquer leur argent.

 

C’est dans cet esprit que j’ai commencé à étudier les traditions protestante évangélique et mormone. J’ai toutefois vite découvert des questionnements qui nécessitaient une prise de position, et je n’aimais pas trop ça.

 

Après avoir établi que le Nouveau Testament était un document historiquement très appuyé, j’ai dû commencer à l’attaquer en me basant sur son contenu. Les affirmations de Jésus me semblaient très radicales et les récits remplis de miracles étaient trop irréalistes pour être vrais.

 

Je m’apprêtais donc à rejeter la Bible comme étant un livre de fables quand de nouveaux faits sont venus à mon attention. En effet, pourquoi les juifs et les romains du premier siècle, qui voyaient la montée du christianisme comme une menace, n’ont-ils pas tout simplement produit le corps de Jésus devant ses disciples? Cela aurait tué le christianisme dans l’œuf puisque sans Jésus ressuscité, il n’y a aucun fondement à la foi chrétienne.

 

Cette question, avec d’autres, m’ont poussé plus loin dans mon investigation. Et c’est en cherchant des arguments pour prouver la fausseté de la Bible que je me suis retrouvé dans un cul de sac. Il me fallait faire un choix. Soit je décidais qu’on ne peut pas savoir s’il y a un Dieu et je devais abandonner la question, soit j’acceptais la probabilité qu’il existe quelque chose au-delà du visible et que je fasse l’expérience de la prière.

 

La deuxième option était celle qui me paraissait valable, puisqu’il faut toujours tenter de mettre une affirmation à l’épreuve selon ses propres termes.

 

J’ai donc décidé, un soir, de tenter l’expérience de la prière. Frustré par les semaines perdues en cheminements logiques ne menant nulle par, j’ai crié à Dieu : « Dieu, si tu existes et qu’il y a quelque chose de vrai dans tout ça, fais-moi signe! »

 

Je ne savais pas à quoi m’attendre. Rien de spectaculaire ne s’est produit. Pas d’apparition angélique, pas d’illumination mystique et aucune voix ne s’est faite entendre à mes oreilles. Mais peu à peu, les choses sont devenues plus claires.

 

Dans les semaines qui ont suivi, j’ai fait quelques rêves qui semblaient me donner des pistes pour mes recherches. Des passages de la Bible qui avaient été obscurs pour moi prenaient tout à coup un sens évident. J’attribuai ces choses à ma propre intelligence.

 

Je savais déjà que les livres du Nouveau Testament contenaient bien des paroles que Jésus avait prononcées. La raison me montrait que ces paroles n’étaient pas celles d’un fou et que même un menteur décidé à mourir pour son mensonge ne peut pas faire disparaître son propre corps d’un tombeau scellé. Jésus n’était donc pas un fou, ni un menteur. Il devait alors dire la vérité.

 

Reconnaître ce fait a eu de très grandes conséquences dans ma vie. En effet, si Jésus disait vrai, alors ma condition de pêcheur m’empêchait d’entrer en communion avec Dieu. Mais pourquoi « entrer en communion avec lui »? Je ne le savais pas, mais puisque Dieu est amour, justice et paix, il me semblait mauvais de devoir être séparé de la source de ces bienfaits tout jamais. J’ai donc saisi la perche que me tendait Jésus, et j’ai reconnu mes erreurs devant lui et j’ai accepté le don qu’il a fait en mourant sur la croix pour payer pour mes fautes.

 

Ma vie a alors commencé à changer. C’est à travers ces changements que j’ai découvert toutes les choses qui me tenaient en esclavage auparavant. Je me suis aussi rendu compte que ce que le bonheur et la paix que je trouvais sur mon ancienne voie n’étaient que peu de choses comparativement à ceux que je découvrais.

 

Avec le temps, j’ai découvert ce que voulait dire « être en communion avec Dieu ». Ça n’a rien à voir avec la soumission à une institution ou avec de l’autosuggestion; c’est réellement une communication avec le Dieu créateur et personnel rendue possible par l’intermédiaire de Jésus. C’est marcher selon ses préceptes plutôt que selon ceux qui nous semblent bons, non pas par crédulité, mais en sachant qu’Il connaît beaucoup mieux que nous les voies qui nous mèneront au bonheur et au réel accomplissement.

 

Je découvre encore aujourd’hui ce que veut dire « être chrétien ». Dieu est si grand est insondable que je ne crois pas avoir assez de ma vie pour le connaître parfaitement. Ça tombe bien, j’aurai l’éternité pour continuer à l’aimer et le découvrir.

 

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Rencontrez Poly Goy

étudiant en sciences. Ses parents se sont sauvés du Cambodge persécutés par les Khmers rouges.

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